Si vérifier et regonfler les pneus d’un véhicule est un réflexe pour les professionnels du secteur automobile qui participe à la sécurité routière, encore faut-il que l’appareil de mesure, le manomètre, soit fiable. Pour s’en assurer, cet instrument est soumis à des exigences et des normes tout au long de son utilisation. Une réglementation qui vient d’être modernisée…
Gonflage des pneus : assurer la fiabilité des manomètres
Afin de renforcer la fiabilité des manomètres utilisés pour le gonflage des pneus des automobiles, les pouvoirs publics ont refondu le cadre et les exigences applicables à ces outils.
Cette mise à jour des exigences est applicable, plus précisément, aux manomètres utilisés pour le gonflage des pneumatiques des véhicules automobiles qui équipent les installations fixes ou mobiles utilisées pour le gonflage des pneumatiques des véhicules automobiles et qui sont utilisés par :
- les professionnels de la maintenance ou du contrôle des véhicules ;
- le gestionnaire chargé de l’entretien de tout véhicule destiné aux activités de transport routier de marchandises ou de personnes ;
- ou le public, après mise à disposition de l’équipement par des professionnels.
À l’inverse, ce cadre ne s’applique pas :
- aux manomètres utilisés pour le gonflage des pneumatiques des engins de déplacement personnel motorisés, des cyclomobiles légers et des véhicules de la sous-catégorie L1e et non soumis à immatriculation ;
- aux systèmes embarqués de contrôle et d’ajustage automatique de la pression ;
- aux manomètres destinés exclusivement au contrôle de la pression des pneumatiques.
S’agissant de l’examen de type
Pour rappel, un examen de type est la validation de la conception d’un instrument, ici le manomètre. Cette validation se fait au regard des éléments présentés dans le dossier de demande et, s’il y a lieu, d’examens et d’essais.
L’examen de type permet d’obtenir un certificat qui atteste que le manomètre répond aux exigences requises. Il définit, au besoin, les conditions particulières de vérification ou d’utilisation de l’instrument.
Le dossier de demande d’examen de type doit être composé principalement des éléments suivants :
- une notice explicative donnant la description détaillée du manomètre et de ses principes de fonctionnement ;
- ses caractéristiques métrologiques, c’est-à-dire de mesure ;
- les plans de conception et de fabrication, les schémas des composants, des sous-ensembles, etc. ;
- les descriptions et explications nécessaires à la compréhension desdits plans et schémas et du fonctionnement de l’instrument ;
- les résultats des calculs de conception et des contrôles de conception effectués ;
- le projet de plaque d’identification et, si applicable, le projet de plaque de poinçonnage ;
- s’il y a lieu, le plan de scellement.
Devront à présent être ajoutés à ce dossier :
- les instructions d’installation sur site ;
- le manuel d’utilisation ;
- toute information utile concernant les modalités de vérification.
Durant l’examen de type, des erreurs de mesure peuvent être tolérées à condition qu’elles rentrent dans les limites prévues ici.
S’agissant de la vérification primitive
Pour rappel, la vérification primitive des instruments est l’opération de contrôle attestant que les instruments neufs ou réparés respectent les exigences de leur catégorie.
Pour les manomètres neufs et réparés, cette vérification se compose d’un examen administratif et de la réalisation d’essais métrologiques, dont les marges d’erreurs tolérées sont les mêmes que celles admises à l’examen de type.
L’examen administratif consiste à s’assurer :
- de la conformité visuelle au certificat d’examen de type ou du certificat de portée équivalente, y compris l’identification du logiciel lorsque l’instrument en est doté ;
- de la présence et de l’intégrité des informations et des mentions obligatoires, des dispositifs de scellement, y compris électroniques et, le cas échéant, des marques légales de vérification ;
- de la conformité visuelle à toute disposition spécifique dont l’examen est prévu par le certificat d’examen de type ou le certificat de portée équivalente.
Notez que ce type de vérification est réalisé soit par le fabricant, soit par un organisme compétent.
Les exigences métrologiques et techniques et les essais qui doivent composer la vérification primitive sont disponibles ici, en annexes.
S’agissant des obligations des réparateurs et des détenteurs de manomètres
Le nouveau cadre précise les obligations des réparateurs et des détenteurs de manomètres.
D’une part, les réparateurs doivent ajuster les instruments de façon à minimiser l’erreur moyenne obtenue au cours des essais de vérification de l’exactitude.
Ils ont également des obligations de communication d’informations en cas de demande des autorités compétentes.
D’autre part, les détenteurs de manomètres doivent :
- veiller au bon entretien de leurs instruments ;
- s’assurer de la conformité réglementaire de leurs instruments et de leurs installations ;
- mettre hors service les instruments réglementairement non conformes et le matérialiser clairement sur l’instrument.
Application concrète du nouveau cadre
Le nouveau cadre est d’application immédiate. Pour autant, des aménagements ont été prévus pour permettre la transition entre l’ancienne et la nouvelle réglementation.
Ainsi, les certificats d’examen de type ou de portée équivalente qui sont antérieurs au 1er juillet 2026 restent valables jusqu’à leur date limite de validité.
Les manomètres mis en service antérieurement peuvent continuer à être utilisés et réparés. Cependant, c’est la nouvelle réglementation qui sera applicable pour la réparation et la vérification primitive des instruments réparés, sur la base de leur certificat d’examen de type ou de portée équivalente.
Sécurité des véhicules : le manomètre au centre de l’attention – © Copyright WebLex
